Aristote


Aristote (-384 à -322)

Les textes qui suivent montrent combien on est loin, dès le 4ème siècle de la conception "esthétique" de la terre qu'avaient Pythagore et Parménide. Le raisonnement logique, à défaut de preuves concrètes permet à Aristote de prouver la rotondité de notre planète. Remarquons la prudence de l'auteur dans ses conclusions.

La Terre ne peut être que ronde

On discute de la forme de la terre. Pour les uns, elle semble sphérique, pour les autres plate et semblable à un tambour. Ces derniers avancent pour preuve le fait qu'au lever et au coucher du soleil, la partie cachée sous l'horizon forme manifestement une droite et non une courbe. Ils se disent que si la terre était sphérique, la ligne de séparation serait courbe.

Ils ne tiennent pas compte de la distance terre - soleil ni de la grandeur du cercle puisque, dans les cercles en apparence petits, une ligne de séparation courbe paraît droite. Ainsi donc, à cause de cette illusion d'optique, ils ne doivent en rien douter que la masse de la terre ne soit pas courbe...

... Dans les éclipses de lune, la séparation est toujours arrondie. En conséquence, puisque il y a éclipse lorsqu'il y a interposition, la forme de la terre, qui en est la cause, serait sphérique. (Aristote, De Caelo, II, 293 - 297)

La Terre est une sphère de modeste dimension

La manière dont les astres nous apparaissent ne prouve pas seulement que la Terre est ronde, mais aussi que son étendue n'est pas bien grande. En effectuant un déplacement minime vers le Sud ou vers l'Ourse, nous voyons se modifier le cercle d'horizon ; par suite, les astres d'au dessus de nous changent considérablement, et ce ne sont pas les mêmes qui brillent au ciel quand on va vers l'Ourse et quand on va vers le midi. Certains astres visibles en Égypte ou dans le voisinage de Chypre sont invisibles dans les régions septentrionales.... Tout cela ne montre pas seulement que la terre à la forme ronde, mais encore qu'elle a la forme d'une sphère de modeste dimension ; autrement, on n'apercevrait pas si vite les effets d'un déplacement si court.

Voilà pourquoi, les gens qui soupçonnent que la région des colonnes d'Hercule touche à celle des Indes et que, de la sorte, il n'y a qu'une seule mer, ne semblent pas nourrir des conceptions trop incroyables. Comme témoignage à l'appui de leurs dires, ils citent encore les éléphants dont l'espèce se retrouve en chacune de ces deux régions extrêmes : à leur avis, les extrémités doivent à leur contact cette commune caractéristique. (Aristote, De Caelo, II, 14)