Introduction


Je marche dans les airs et scrute le soleil. (Aristophane, Nuées, 225)

Ces paroles qu'Aristophane met dans la bouche de Socrate montrent bien sûr toute l'ironie mordante de l'auteur à l'égard de la personnalité de Socrate. Imaginez le spectacle : Socrate, suspendu dans un panier pour mieux scruter le ciel ! Elles montrent aussi combien l'astronomie était à la fin du 5ème siècle une science tombée dans le domaine public : pour ironiser à ce sujet, Aristophane devait être certain d'être compris. Il fallait que les Athéniens s'y intéressent comme nous pouvons nous intéresser aux progrès scientifiques. C'est la preuve aussi de l'effort des savants Grecs pour mieux comprendre le monde et de la rapide évolution des théories à ce point de vue. Nous avons souvent l'impression que les Anciens n'avaient que des notions très vagues et rudimentaires sur le Monde : souvent aussi, nous nous contentons de ne retenir que les théories qui nous apparaissent les plus fantaisistes, voire ridicules. Il est bien sûr difficile dans notre monde moderne de ne pas trouver absurdes les conceptions astronomiques de Thalès. Mais comment ne pas admettre la valeur des deux idées qui sont à la base de la pensée grecque :

  1. Le monde est un "kosmos" c'est-à-dire un ensemble parfaitement organisé et géré par des lois universelles sous l'autorité d'une puissance supérieure. Peu importe qu'il s'agisse de Dieu, du "premier moteur" d'Aristote ou du "Grand Architecte" du 18ème siècle.
  2. L'homme est le centre du monde. Il est lui-même un "microcosme" ; la connaissance du "kosmos" permettra donc de mieux connaître l'homme.

Principe de base : le géocentrisme